Jeux de sonorités : assonance, allitération et harmonie imitative

Un auteur peut influencer l’harmonie sonore de son texte grâce à plusieurs jeux de sonorités. On parle notamment d’assonances et d’allitérations, qu’il est possible de repérer et d’analyser.

Ces jeux de sonorités peuvent apparaître quel que soit le genre littéraire auquel appartient l’extrait. S’ils sont peut-être plus nombreux ou faciles à identifier dans la poésie, on les retrouve également dans des extraits de roman, de théâtre ou de textes argumentatifs.

I. Les jeux de sonorités

1) L’assonance

L’assonance est la répétition d’un même son-voyelle dans un groupe de mots ou dans un ensemble de phrases.

On peut par exemple trouver des assonances en a, o, u, i, é, mais également en eu, ou, on, en, in… Ces sons peuvent être écrits de différentes façons dans la même assonance.

Exemple :

 » Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant »
Paul Verlaine, « Mon rêve familier », Poèmes saturniens

Ici on peut voir deux assonances : en é et an

2)  L’allitération

L’allitération est la répétition d’un même son-consonne, ou de plusieurs sons-consonnes produisant le même effet sonore (par exemple s, z, f, produisant un effet de souffle ou de bruissement).

Exemple :

« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? »
Jean de La Fontaine, « Le loup et l’agneau », Fables

Ici on trouve une allitération en r.

/!\ Astuce pour ne pas se tromper :
– le mot « assonance » se termine par une voyelle, c’est donc un jeu de sonorité qui concerne les voyelles
– le terme « allitération » se finit par une consonne, ce procédé concerne donc les consonnes.

3) L’harmonie imitative

L’harmonie imitative est une assonance ou une allitération donc la sonorité évoque ou imite ce dont parle le texte.

Exemple :

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? »
Jean Racine, Andromaque

Dans ce vers d’Andromaque, les nombreux sons « s » forment une allitération qui imite le bruit des serpents dont parle le personnage.

« Tout en faisant trotter ses petites bottines »
Arthur Rimbaud, Roman

Ici l’allitération en « t » rappelle le bruit des bottines.

II. Comment analyser des jeux de sonorités ?

1) Conseils pour le repérage des jeux de sonorités

Pour repérer des jeux de sonorités, le mieux est bien sûr de pouvoir lire le texte lentement, à voix haute… ce qui n’est évidemment pas toujours possible ! Néanmoins, il faut toujours essayer d’imaginer la façon dont l’extrait pourrait être lu.

Pour un repérage plus rapide et efficace, on peut choisir d’utiliser deux couleurs, une pour les sons-voyelles, l’autre pour les sons-consonnes.

Afin de pouvoir parler d’assonance, d’allitération ou d’harmonie imitative, il faut idéalement avoir repéré au moins trois occurrences rapprochées du même son ou d’un même groupe de sons.

Même si on a repéré plusieurs jeux de sonorités, il ne faut mentionner que ceux qui viennent réellement étoffer l’analyse du texte. Ils peuvent par exemple apporter de la musicalité à l’extrait, ou déclencher une réponse émotionnelle chez le lecteur.

Au final, l’analyse des jeux de sonorités est un outil parmi d’autres, qui vient renforcer l’interprétation de l’extrait. Idéalement, elle est à faire en dernier.

2. Idées d’analyse

Il n’existe pas de règle fixe pour l’interprétation des jeux de sonorités, car leur effet dépend beaucoup du thème de l’extrait et de son contexte. Cependant, voici quelques suggestions pour démarrer une analyse.

a) Les sons voyelles (assonance)

  • eu/u/ou : sons plutôt étouffé, lugubre
    => Inquiétude, mélancolie, plainte
  • o/on : son doux
    => langueur, relaxation, douceur
  • a/an : son ouvert, éclatant
    => joie, enthousiasme, colère
  • i/in : son aigu
    => cri, tristesse, grincement, désespoir

b) Les sons consonnes (allitération)

  • Des sons doux, comme b, m, l, n, peuvent créer une atmosphère calme, délicate, onirique (en rapport avec le rêve), plutôt positive.
  • Les sons durs, explosifs, comme k, t, r, p, peuvent indiquer la colère, le mépris, la dureté. Ils donnent un certain rythme au vers ou à la phrase.
  • Des sons fricatifs (produit par un frottement des lèvres) comme f, z, s, peuvent évoquer un bruissement, un souffle, un bourdonnement…

Découvre les autres outils d’analyse à connaître pour le bac de français.

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