Les genres littéraires : la poésie

I) Définition de la poésie

La poésie peut être écrite en vers ou en prose.

Sa dimension poétique tient à trois éléments :  les sonorités (rimes, allitérations et assonances…), le rythme (métrique, répétitions…), et les images (symboles, figures de style, allégories…).

II) Histoire du genre poétique

Moyen-Âge: chansons de geste et poésie courtoise

Au Moyen-Âge, de longs poèmes épiques célèbrent les exploits de chevaliers et de valeureux guerriers.

Il s’agit des chansons de gestes, chantées dans le Nord de la France par les trouvères. Ces artistes itinérants voyagent de ville en ville.

Dans le Sud de la France, les troubadours, l’équivalent des trouvères, récitent également des chansons et des poèmes aux accents lyriques. Ces textes sont riches en symboles et en allégories. Le thème principal de cette poésie courtoise est l’amour.

Auteurs à retenir : François Villon, Christine de Pizan , Charles d’Orléans

XVIe siècle: la Pléiade 

La Pléiade est un groupe de poètes qui cherchent à renouveler la poésie en s’éloignant des modèles du Moyen-Âge.

Pour cela, ils enrichissent le français moderne grâce à des termes issus du latin et des dialectes locaux. Ils empruntent les formes et les thèmes de leurs textes à la littérature antique et à la poésie de la Renaissance italienne.

En effet, pour eux, la poésie est un art  sacré, et le poète devient un artiste à part entière, contrairement aux troubadours et trouvères souvent anonymes des siècles précédents.

Auteurs à retenir : Joachim du Bellay, Pierre de Ronsard

XVIIe siècle : poésie baroque et classique

L’art baroque et les guerres de religion

La poésie baroque se caractérise par un goût pour le foisonnement, les extrêmes, la violence des sentiments.

De plus, certains poètes baroques écrivent des poèmes engagés, notamment dans le contexte des guerres de religions.

Auteurs à retenir : Théodore Agrippa d’Aubigné, Pierre de Marbeuf

La poésie classique

A partir de la deuxième moitié du siècle, la poésie est codifiée grâce à des règles strictes, notamment en ce qui concerne les rimes et la versification. La période classique privilégie l’harmonie et l’équilibre.

Les auteurs revisitent des genres antiques, par exemple la fable. Au théâtre, les tragédies et certaines comédies sont également écrites en vers.

De plus, les poètes livrent une réflexion sur la nature humaine et s’adressent à la raison du lecteur. Leurs œuvres ont pour vocation d’amuser et d’instruire.

Auteurs à retenir : Nicolas Boileau, Jean de La Fontaine

XVIIIe siècle : Lumières et Révolution

Pendant la période des Lumières, la poésie passe au second plan. En effet, les auteurs privilégient la littérature d’idée et parfois le roman et le théâtre.

Les poètes du XVIIIe siècle, dont Voltaire ou le fabuliste Florian, reprennent des idées et des modèles issus de la poésie classique du siècle précédent.

Toutefois, au moment de la Révolution Française, certains poètes expriment leur engagement à travers leurs œuvres.

Auteur à retenir : André Chénier

XIXe siècle : une diversification de la poésie

Au XIXe siècle, la poésie redevient un genre littéraire majeur. Plusieurs générations de poètes se succèdent et renouvellent l’écriture poétique.

La poésie romantique 

Dans la première moitié du siècle, les auteurs romantiques proposent une poésie innovante au niveau de la forme.

Si l’alexandrin reste un vers très utilisé, sa lecture devient plus fluide (enjambements, jeux sur les rythmes…). Les poètes se libèrent des contraintes de la poésie classique en utilisant de nouveaux types de strophes, ou en mélangeant des vers de longueurs différentes.

Le  vocabulaire utilisé s’éloigne parfois du registre soutenu pour mieux refléter les sentiments évoqués par l’auteur.

L’expression du « moi » et le lyrisme sont au centre de la poésie romantique. On peut également trouver un engagement politique ou social.

Auteurs à retenir : Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Musset

Le Parnasse et le culte de la beauté

Dans les années 1860 et 1870, les poètes Parnassiens rejettent l’idée d’une poésie consacrée à l’expression des sentiments ou à une prise de position politique et  sociale.

Pour eux, le poète est un artiste qui doit, à force de travail, produire un résultat impersonnel et particulièrement beau.

Cependant, les textes produits, malgré leurs qualités esthétiques, sont souvent jugés assez hermétiques. Le mouvement, de courte durée, inspirera néanmoins de nombreux poètes des générations suivantes.

Auteurs à retenir : Théophile Gautier, Leconte de Lisle

Symbolisme et poètes maudits

Pour les symbolistes, le monde est un mystère qu’il faut déchiffrer.

Les poètes doivent donc aller au-delà des apparences et faire le lien entre la réalité concrète et les idées abstraites. Ils s’appuient sur leurs sens et utilisent des symboles.

Cependant, ce rôle de visionnaire peut les mettre à l’écart de la société, d’où le surnom donné à certains d’entre eux de « poètes maudits ».

La poésie symboliste, très musicale, met également à profit une nouvelle forme poétique : le poème en prose.

Auteurs à retenir : Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé

XXe siècle : la poésie prend des libertés

Les surréalistes et la poésie engagée

Après la Première Guerre Mondiale, des poètes, inspirés par les recherches des psychanalystes, cherchent à libérer leur inconscient et à le laisser s’exprimer librement dans leurs textes.

Ils utilisent des techniques d’écriture innovantes et ludiques, comme l’écriture automatique ou le jeu du cadavre exquis. Ils créent des associations d’idées, des images et des sonorités étonnantes.

Leur poésie s’inspire ainsi de plusieurs thèmes centraux comme le rêve, la folie, l’amour, la révolte.

De plus, les poètes surréalistes s’opposent aux conventions artistiques et sociales, et sont généralement en faveur de l’engagement.

C’est pourquoi, avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale, de nombreux poètes surréalistes ou proches de ce mouvement artistique s’engageront à travers des textes en faveur de la paix ou de la résistance.

Auteurs à retenir : André Breton, Paul Eluard, Louis Aragon, Robert Desnos

Une poésie individuelle et expérimentale

A partir du XXe siècle, de nombreux poètes se lancent dans une grande variété d’expérimentations individuelles, sans s’inscrire dans un mouvement littéraire particulier.

La poésie emprunte alors de nombreuses formes (poèmes en vers, en prose, calligrammes, images nouvelles, musicalité…) qui reflètent l’inspiration et les intérêts multiples des auteurs.

Auteurs à retenir : Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, Saint-John Perse, Léopold Sédar Senghor, Yves Bonnefoy, Jules Supervielle

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