Théâtre : les 6 types de comique

Le registre comique vise à faire rire ou sourire. Les auteurs utilisent donc différents procédés, que l’on peut regrouper en six catégories. Chacune correspond à un type de comique.

Ces types de comique peuvent être combinés dans un même texte. On les retrouve principalement au théâtre. Cependant il est aussi utile de savoir les identifier dans d’autres genres littéraires.

1) Le comique de situation

Ce type de comique repose sur une situation improbable et drôle.

Les personnages se trouvent dans des circonstances inhabituelles, riches en malentendus (quiproquo) ou en retournements de situation.

Exemple : Dans Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, Silvia, une jeune fille noble, échange son costume pour celui de sa servante Lisette. Elle espère ainsi pouvoir mieux observer son fiancé, Dorante, qu’elle n’a jamais rencontré. Seul le spectateur sait que Dorante a eu exactement la même idée. Il se présente donc chez Silvia sous les traits de son valet.

« SILVIA – Dorante arrive ici aujourd’hui ; si je pouvais le voir, l’examiner un peu sans qu’il me connût ! Lisette a de l’esprit, monsieur ; elle pourrait prendre ma place pour un peu de temps, et je prendrais la sienne.« 

2) Le comique de mots

Ce type de comique repose sur des jeux de mots, le mélange de plusieurs registres de langue (familier, courant, soutenu), ou encore un défaut de prononciation ou l’accent d’un des personnages.

Exemple : Dans Le Bourgeois Gentilhomme, de Molère, Monsieur Jourdain, un bourgeois ambitieux, cherche à séduire une marquise en lui écrivant une lettre. Son professeur de philosophie lui propose plusieurs formulations, de plus en plus absurdes, d’une même phrase.

« LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE – On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou bien : D’amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d’amour me font belle marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle marquise, d’amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle marquise, d’amour. »

3) Le comique de geste

Ce type de comique provient des expressions, de la gestuelle et des mouvements des personnages. L’auteur se sert souvent des didascalies pour indiquer la façon dont les acteurs doivent jouer la scène.

Exemple : Dans Les Fourberies de Scapin de Molière, Scapin donne des coups de bâton à son maître Géronte, caché dans un sac, puis fait semblant d’avoir lui-même été frappé.

« Il donne plusieurs coups de bâton sur le sac. (…) En se plaignant et remuant le dos, comme s’il avait reçu les coups de bâton.« 

4) Le comique de caractère

Ce type de comique s’appuie sur un trait de personnalité ou une idée fixe d’un personnage, qui est tourné en ridicule.

Exemple : L’Avare, de Molière, se moque de la folie d’Harpagon, qui préfère son or et ses richesses au bonheur de ses enfants. Lorsqu’il s’aperçoit que son trésor lui a été dérobé, il se lamente de façon comique.

« HARPAGON – Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. (…) C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. »

5) Le comique de mœurs

Ce type de comique critique les travers d’une époqued’un milieu social ou d’une catégorie professionnelle en les présentant de façon caricaturale ou ironique.

Exemple : Dans Art, Yasmina Reza critique le snobisme du milieu intellectuel et bourgeois. Ainsi, la pièce présente un personnage qui a acheté très cher une toile entièrement peinte en blanc, et la réaction de ses amis par rapport à cette acquisition.

 » MARC – Bien sûr. J’ai ri. De bon coeur. Que voulais – tu que je fasse ? Il n’a pas desserré les dents. Vingt briques, c’est un peu cher pour rire, remarque. »

6) Le comique de répétition

Ce type de comique (le « running gag » anglais) tient à la répétition des procédés précédents au cours d’une même oeuvre.

Il s’agit de répéter plusieurs fois la même situation, les mêmes mots ou la même gestuelle pour créer un effet de surprise ou d’attente chez le spectateur.

Exemple : Dans cet extrait du Bourgeois Gentilhomme, le comique provient de la répétition par Monsieur Jourdain des deux répliques « Messieurs » et « Monsieur le philosophe ».
Le spectateur rit donc de l’incapacité de Monsieur Jourdain à empêcher ses deux professeurs de se battre, et de l’inefficacité de ses répliques. 

« MONSIEUR JOURDAIN.- Monsieur le philosophe.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Infâmes ! coquins ! insolents !
MONSIEUR JOURDAIN.- Monsieur le philosophe.
MAÎTRE D’ARMES.- La peste l’animal !
MONSIEUR JOURDAIN.- Messieurs.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Impudents !
MONSIEUR JOURDAIN.- Monsieur le philosophe.
MAÎTRE À DANSER.- Diantre soit de l’âne bâté !
MONSIEUR JOURDAIN.- Messieurs.
(…)
MONSIEUR JOURDAIN.- Monsieur le Philosophe, Messieurs, Monsieur le Philosophe, Messieurs, Monsieur le Philosophe. Oh battez-vous tant qu’il vous plaira, je n’y saurais que faire, et je n’irai pas gâter ma robe pour vous séparer.  »

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